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Un jour un Poilu : Verdun en Lorraine en 1914 – 1918

Qu’est-ce que c’est ?

Un défi collaboratif autour des poilus, ces héros de la grande guerre 1914-18, le centenaire de l’armistice sera célébré le 11 novembre 2018. Les explications autour du défi #1J1P.

MAJ 2018. Le défi c’est terminé avant le 11 novembre 2018, grâce à l’investissement des nombreux bénévoles.

En quoi cela consiste ?

Tout simplement à consacrer quelques minutes pour indexer les fiches des soldats morts pour la France en participant à des défis collaboratifs d’indexation.

Où ?

Sur le site Mémoire des hommes qui recense les hommes morts au combat.

Pourquoi « Poilus » ?

En raison de leur barbe, moustache et cheveux qu’ils ne pouvaient pas raser, alors qu’ils passaient le plus clair de leur temps dans les tranchées où la vie était déplorable.

Qui est concerné ?

Tout le monde car la guerre 14-18 était une guerre mondiale. L’essentiel des combats eu lieu sur toute la frontière belgo-française et les lieux tristement célèbres résonnent encore à nos oreilles. Verdun, Douaumont, La bataille de la Somme, Le chemin des Dames. Retrouvez-les sur le site : grande guerre 14-18, il répertorie les sites concernant ces événements tragiques.

Verdun en Lorraine, souvenir d’enfance

Louis, nous emmena ce jour d’été, ma grand-mère et moi-même dans sa camionnette, il souhaitait se rendre à Verdun, dont il avait tant entendu parlé.

Traverser la forêt de sapins de Lorraine, c’est soixante kilomètres de trajet long et tortueux, surtout pour une enfant de huit ans assise sur un banc de bois, qui valdinguait à chaque tournant. C’est le genre de choses qui nous faisaient beaucoup rire. Entre les – accroche-toi ça va tourner et attention ça descend – nous avions une vraie partie de bonne humeur.

Cependant, à l’approche de l’entrée du site des combats, l’émotion de mes grands-parents est devenue de plus en plus palpable. Un silence de mort s’abattit dans le véhicule. Nous nous sommes garés à l’orée d’une clairière, l’odeur de l’humus s’exhalait du lit de feuilles mordorées jonchant le sol. Un panneau d’interdiction de marcher dans les bois nous accueilli. Le soleil filtrait au travers des branchages, la canopée rayonnait, le chant des oiseaux était omniprésent et pourtant, l’interdit était là. Un élément m’échappait, ma conscience enfantine, me faisait percevoir des signes différents d’une vie habituelle, sans vraiment parvenir à les identifier. La forêt de feuillus, le chemin creux raviné par les pluies, parmi les arbres tout semblait normal par ce jour ensoleillé d’été.

Les larmes suivaient le sillon buriné du visage de Louis, une intense émotion l’avait saisi et elle rebondissait sur nous qui étions à ces côtés, cette tristesse immense m’était incompréhensible, Louis ne pleurait jamais. Ma grand-mère me chuchota, ce sont tous des soldats morts qui sont là. Comment ces arbres avaient ils poussés en cachant les corps ? Encore une chose qui m’échappait, pourquoi les soldats n’étaient-ils pas côte à côte avec une croix blanche sur la tombe comme ces rangées de morts qui se trouvaient au cimetière ? Que faisaient-ils ici et leur famille savaient-elles où ils étaient ? Comment pouvaient-ils venir porter des fleurs au cimetière ? Ces questions se précipitaient dans mon esprit.

Louis était incapable de parler, un chagrin le touchait bien plus que de raison. Il était tous ces soldats, l’un après l’autre. Ensevelis sous des racines, leurs corps disloqués par des obus. Il revivait une bataille effroyable, dont on entendit raisonner les fracas à des kilomètres à la ronde. Les parents, les grands-parents avaient entendus ces bruits assourdissant traverser la forêt jusqu’aux fenêtres de leur maison.

L’impensable était en train d’arriver, et ils ne comprenaient que la peur. Ils ont parlé de tous ces jeunes destinés à la boucherie et Louis ne cessait de murmurer : tous si jeunes, tous ces jeunes ! Une révolte sourde grondait en lui, probablement ne s’est-elle jamais calmée. Son dégoût de cette abomination rebondissait sur nous, et rendait encore plus flagrante l’absurdité d’un tel massacre. Nos pas nous menaient sur le chemin, je serais bien fort la main de Lucie, peut-être n’étaient-ils pas tous morts, allaient-ils se relever ?

La peur me pris, l’ambiance était pesante. Les feuilles des arbres voletaient jusqu’à caresser le sol. Nous sommes restés un moment dans ces bois, la camionnette nous ramena à la maison, dans un silence de plomb.

Le temps a passé, les arbres ont poussés, ils sont devenus immenses. Les bombes sont toujours là sous terre, un siècle après les jours d’horreurs. L’année 1916, de mi-février à mi-décembre 700.000 soldats furent bombardés par 53 millions d’obus. Les corps déchiquetés des hommes morts vinrent nourrir l’humus de la terre de Lorraine, les affaiblis furent rapatriés dans les départements d’origine et beaucoup terminèrent leurs souffrances dans les péritonites, la dysenterie et peut être aussi la folie. Autant de soldats allemands couchés à côté des jeunes français, retournèrent à la terre boueuse qui les vit mourir dans cet enfer.

On y passe pour entrer en terre de Luxembourg, au détour d’un chemin, des fantômes errent encore, il est toujours interdit de marcher dans les bois. L’enfer peut se rallumer en peu de temps. Le silence accompagne encore mes pensées recueillies à la vue de ces arbres dont les corps de ces jeunes ont nourri les racines, puis le tronc et maintenant les feuillages.
Ce n’est que justice que de rendre hommage à ces hommes.

Un jour un Poilu

Indexation des soldats des Deux-Sèvres où j’y vis et qu’ils sont venus en Lorraine nous délivrer.

« Des villages entiers sont détruits, les champs sont labourés par les obus, l’air est vicié par les gaz toxiques, les bois disparaissent pour laisser place à un paysage lunaire fait de cratères et de tranchées dans lesquels se terrent les survivants. On se bat souvent pour quelques mètres, baïonnette au fusil, couverts de boues, assoiffés, asphyxiés, rompus… Les villages perdus un jour sont reconquis le lendemain ; celui de Fleury devant Douaumont sera pris et repris 16 fois, » (Verdun Terre d’Histoire, s.d.)

1J1P ARCHAMBAULT Paul Lieutenant, 317ème Régiment d’infanterie Classe 1906-1909 Né le 25 mai 1889 à Saint Maixent l’Ecole (Deux Sèvres). Mort pour la France, le 15 août 1916 à Fleury Douaumont (Meuse) Tué à l’ennemi. Il avait 27 ans (Mémoire des Hommes, s.d.)

« Le lance-flammes est utilisé par les fantassins allemands. C’est une arme terrifiante. Au Bois des Caures, les chasseurs placés aux avant-postes ripostent comme ils peuvent. Les unités sont décimées ». (Verdun Terre d’Histoire, s.d.)

« Cote 304 Avocourt, du 5 Mai 1916 au 21 Mai 1916, le 125eme RI va entrer dans la fournaise de Verdun. Affecté en compagnie de son régiment frère le 114ème RI et épaulé par le 296ème RI, le 125ème aura pour mission de reprendre les positions perdues, s’y maintenir, de pousser en avant. Position stratégique la cote 304 mouvement de terrain jumeau du Mort Homme sera perdue le 5 mai. Reconquise le 6 reperdue puis reprise le 7… » (guerre, s.d.)

1J1P ARCOURT Victorin caporal 290ème Régiment d’Infanterie Classe 1896 Né le 9 novembre 1876 à Verruyes (Deux Sèvres) Mort pour la France le 6 mai 1916 à la côte 304 (Meuse) Tué à l’ennemi, il avait 30 ans (Mémoire des Hommes, s.d.)

Sources :

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