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Les doigts dans le nez – coronavirus Le généathème de mars : Un objet souvenir


Vous vous doutez que ce n’est pas ce que je ferais aujourd’hui. Mais à force d’en parler et de savoir que le virus se loge dans le fond de la cavité nasale, à force de faire attention, de porter un masque toute la journée, de se laver précautionneusement les mains, d’éviter de toucher des objets inutilement, à force aussi de rentrer chez soi et d’aussitôt ôter ses vêtements et de les jeter dans le tambour de la machine à laver, de plonger sous la douche et de s’étriquer, un scénario se dessine dans nos esprits.

L’idée d’une invasion globale massive, nous fait devenir complètement paranoïaque et change notre regard sur le monde.

Etre sur le terrain comme soignant apporte un stress et la fatigue sans aucun doute se traîne avec nous, une fois quitté l’endroit hyper-protégé des salles où l’on travaille, le monde extérieur devient un monde rempli d’agresseurs invisibles et supposés.

Rentrer chez soi et perdre la notion d’un abri au cocon protecteur, là même où l’on devrait se sentir en sécurité est perturbant. Ce virus se cache partout et toute la maison semble sale, encombrée d’objets inutiles. Faudrait-il tout jeter ou brûler ou encore faire table rase de tout ce qui est notre vie quotidienne, pour vivre dans des espaces aseptisés ?
Une miette sur la table devient monstrueuse, alors que toute notre énergie a été consacrée à lutter, il en reste si peu pour faire le ménage. Dominés par ces événements, nos gestes ont changés, nous les surveillons et les contrôlons bien davantage. Qui d’entre-nous n’a pas reculé à l’approche d’une personne envahissant notre espace vital, les yeux sombres lui intimant de reculer encore, la bouche peut être pincée derrière le masque, le visage plutôt figé sans envie de sourire.

Le chat éternue, fait sursauter et juste après cet instant de stress, les épaules retombent, il ne nous contaminera pas, le virus ne passera pas entre nous deux. Des pensées s’immiscent, la maison est peut être trop meublée, une table, une chaise et un lit suffirait. Mais une vie se raconterait si peu avec seulement ces trois éléments.

Le meuble et la crémaillère de mes arrières-arrières grand-parents Jean-François et Léontine mariés en 1863, ont survécu à d’autres guerres virales, ils pourraient en raconter des histoires, s’ils savaient parler.

Celle de la grande épidémie de la grippe de Hong-Kong qui fit 17.000 morts directs du H3N1 et un excédent de 40.000 morts en France et dont personne ne se souvient. C’était juste après l’été 1968 et l’état avait d’autres chats à fouetter. Georges POMPIDOU venait d’arriver au pouvoir, la France était optimiste et confiante dans les antibiotiques et les médias minimisèrent l’évènement. Rien ne fût fait pour empêcher le virus de circuler. (1)

Celle de la grippe asiatique du glacial hiver 1957-1958 qui fût minimisée elle aussi par les médias et où pareillement l’on vit une grande ignorance gouvernementale et médiatique, cependant l’OMS recense pour le moment 100.000 morts en France par le virus H2N2. (2)(3)

Ils raconteraient aussi l’histoire de Lucienne née en 1907 et décédée dans la maison de la ferme familiale alors qu’elle venait d’avoir 12 ans.

“Elle était comme une deuxième maman pour nous les petits, disait ma grand-tante. Nous étions 7 enfants et malheureusement ou plutôt heureusement il n’y eu qu’un seul décès chez nous.”

Elle fût terrassée par l’épidémie de grippe espagnole en 1918.
Une pandémie connue actuellement comme étant de souche H1N1 s’était répandue cette année-là sur toute la planète et fit entre 150.000 et 250.000 morts en France selon l’institut Pasteur, dont la plupart soint décédés durant la deuxième vague de l’épidémie, bien que ces chiffres ne soient pas encore complets.(4)(5) Elle fit entre 25 et 40 millions de morts dans le monde. 

Ils raconteraient encore l’épidémie de choléra de 1832, et nous apprendrait qu’il a vu Gérard, le père de Jean-François âgé de 22 ans être terrorisé par la peur d’être touché par cette maladie qui fit plus de 100.000 morts en France. (6)

En plus d’un siècle, ces pandémies ont traversés des milliers de kilomètres pour décimer les peuples à une époque où rien n’allait vite, ni les personnes, ni les informations il a fallu plusieurs mois avant qu’elles fassent le tour de la terre. De nos jours, l’information circule presque plus vite que le virus et trop d’informations souvent contradictoires circulent.  N’est-il pas utile de prendre le temps de relativiser à la lecture de ces chiffres?

Il est entendu que nous sommes en lutte contre une maladie qui peut s’avérer grave, mais nous avons des moyens de nous protéger et le premier est notre comportement. N’allons pas chercher les problèmes, ils arrivent tout seuls ! Protégez-vous des autres et de vous-même.

Encore quelques semaines à tenir et tout redeviendra comme avant. Et pourtant, non, cela ne pourra plus jamais être comme avant, cette terreur planétaire, laissera des traces dans la mémoire collective.
Puissions-nous en tirer des leçons.

Wikipédia et les articles de presse, vous livrent une série de sources intéressantes concernant ces pandémies, si vous souhaitez creuser les informations.

(1) La grippe de Hong Kong en 1968 

(2) (3) La grippe asiatique en 1957-1958 et l’histoire 

(4) (5) La grippe espagnole en 1918-20 et les archives

3 comments on “Les doigts dans le nez – coronavirus Le généathème de mars : Un objet souvenir

  1. Merci Brigitte pour cet épanchement (sens littéraire du mot bien entendu)

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  2. Tout mon soutien dans ces moments épuisants. Un article qui permet de prendre un peu de recul…

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  3. Merci à vous deux pour votre soutien! c'est précieux.

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