Si vous habitez encore au même endroit que vos ancêtres, osez parler de vos recherches avec les plus âgés, souvent ils n’ont pas oublié ce qui s’est passé dans leur village.

Si vous n’y habitez pas et que vous y allez passer une journée, baladez-vous dans un parc ou sur une place, vous y trouverez sûrement une personne âgée seule assise sur un banc, lieu stratégique. 
Asseyez-vous à ses côté, elle ouvrira probablement la conversation. Expliquez-lui vos recherches, après vous n’aurez plus qu’à l’écouter, en cinq minutes vous serez déjà conquis par son savoir, ses souvenirs et avec un peu de chance, elle connaîtra vos ancêtres ou vos cousins, le petit magasin du village où tout le monde se réunissait les soirs d’été, les fêtes de villages.

Quand j’étais petite et que j’allais dormir chez ma mamy, le soir dans le lit, je lui demandais « raconte-moi une histoire», ma grand-mère me contait alors des petites anecdotes, assez amusantes, d’ailleurs. Non pas celles avec de jolies images comme dans des livres, elles n’avaient d’images que celles de mon imagination et les souvenirs revenaient à sa mémoire au long de ses récits.
Longtemps, j’ai entendu des faits de sa vie, de la guerre vue par cette enfant qui l’avait vécue entre l’âge de 4 à 9 ans, de sa famille, de ses cousins. Avec les années, je les ai un peu oubliées mais certaines sont gravées dans ma mémoire avec peut-être un peu de mon imagination.

Chez elle, il y avait une grande boite blanche au fond de son armoire. Je m’en souviens car elle était remplie de photos de famille et de faire-part de décès, rangée juste en dessous de son grand album.

Un jour, elle m’avait expliqué que dans la famille le premier fils reprenait l’affaire familiale, le deuxième était cultivateur, le troisième devenait curé. Je n’ai pas encore trouvé toutes les preuves de ses dires mais voilà ce qu’était la règle.

En avril 2003, elle m’apprit qu’elle avait une blessure de guerre ! Bien qu’elle était une enfant. Elle m’a alors raconté que cet hiver-là, il y avait eu beaucoup de neige et qu’avec ses copains, ils étaient allés faire de la luge. Les soldats américains étaient arrivés et ils avaient joués avec eux. Comme elle était tombée dans la neige avec les soldats, la petite blessure était devenue une blessure de guerre. Je ne l’ai jamais sentie traumatisée par la guerre, bien qu’elle le fût encore.

Durant cette guerre 39-40, elle avait été cherché un cochon en France avec sa tante, elles passèrent la frontière avec l’animal couvert comme un bébé, dans un landau.  J’ai dû y ajouter trop de mon imaginaire, pour expliquer cette histoire en détail.

Il y avait eût la fois où les filles avaient été cherché des grenouilles dans le talus derrière l’école et l’une d’entre elles l’avait mise dans le bureau de la Sœur. Quand celle-ci avait l’avait ouvert, la grenouille avait sauté, la Sœur hurlé, les filles rigolé et toutes avaient été punies.

Elle aimait aussi raconter la façon dont sa famille suivait le tour de France : la radio était allumée et sur une carte accrochée au mur, le chemin que les coureurs parcourraient était retracé avec des épingles. C’était bien avant la télé et internet. A l’époque, ça permettait d’étudier la géographie tout en s’amusant.

Maintenant, je ne suis plus petite et depuis 11 ans, suis devenue moi-même maman.  J’ai fondé ma famille et déménagé à cent kms de mon village natal. J’ai découvert une nouvelle ville, de nouveaux voisins, de nouvelles personnes dont certaines sont âgées et j’adore toujours discuter avec elles.

Ma voisine, devenue copine est décédée il y a maintenant deux ans, elle avait 94 ans, c’était Madame B. Marie Josée de Paris.  J’ai passé des heures à sa porte, à l’écouter raconter : son papa instituteur, son mari ingénieur, ses enfants, ses petits-enfants, ses arrières petits-enfants, son village, sa scolarité. Le seul sujet à éviter : la guerre.  Parfois une petite phrase sortait mais à la moindre question, elle partait sur un autre sujet.

Ces témoignages du passé sont un tas de petits souvenirs qui apportent de l’eau au moulin des recherches généalogiques. Ils sont précieux comme les personnes que nous rencontrons.
Melody

0 comments on “T comme Témoignages

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :