Les gens de fer et les forges Robelmont

N comme Nouveaux venus

 "Travaillez, prenez de la peine, c'est le fonds qui manque le moins". 
Jean de La Fontaine, Fable, Le laboureur et ses enfants.

Les déménagements semblent peu nombreux dans les siècles passés c’est une idée qui circule parmi les générations récentes. En réalité, les hommes et les femmes de l’Ancien Régime bougeaient en fonction de travail et donc des revenus qu’il pouvait fournir.

Une curiosité m’a prise lors de l’analyse de ces registres et je me suis demandé qui était là tout au début et comment pouvait-on savoir qui n’était pas natif du lieu. Tout au long des articles de ce challenge AZ, vous avez pu constater que le travail dans les forges avait amené beaucoup de mobilité, soit par le déclin d’un lieu et la prospérité d’un autre. Ces métiers spécifiques demandent un savoir-faire de qualité pour maîtriser le métal et le feu. Je me suis donc penchée sur le fameux registre de Robelmont qui commence à partir de 1718 en tentant une approche différente. Pour cela, j’ai réparti mes données en périodes et nommé cette période génération. Lorsque j’indique la génération et ajoute de 1620 à 1649, je parle de la naissance dans une période donnée entre 1620 et 1649. La liste des individus n’est pas exhaustive, le travail est encore en cours. Le procédé utilisé peut faire l’objet d’un article, si le sujet vous intéresse.

Vous trouverez une infographie de tous ces individus selon leur génération de naissance à la fin de cet article.

Robelmont vue aérienne carte postale, Berchiwé est de ses hameaux.

La génération 16 et 15 sont celles des forges mobiles

Ces patronymes, ne se retrouvent plus sur Robelmont Pierre LE FEIVRE dit d’Avioth (1507), Henrion MALLET, Jehan MALAISE (1519) et Gillet L’ALLEMAND, Jean MOREL de LA CLAIREAU (1563), Jehan MALAISE et Petit JEHAN, ont été cités dans l’article C comme creuset et de ces noms, il n’en reste plus car ils bougeaient le long des rivières pour assurer leur entreprise, ces traces des dates sont celles de leur entreprise et ont été trouvées dans les livres de comptes et taxes et ne sont pas disponibles en ligne. Certains comme L’ALLEMAND et MOREL de LA CLAIREAU vont se retrouver plus loin en gaume.

La génération 14 de 1620 à 1649, est celle des usines de forges

Thomas HABRANT le premier, est décédé plus qu’octogénaire comme l’indique son acte de décès et Marguerite FAYET est son épouse. Des traces fragmentaires dans les cartulaires ne permettent pas d’ajouter d’autres noms, mais ils existent en petit nombre. J’attends le moment où ils seront à nouveau consultables.

fragments extrait de l’acte de décès de Thomas HABRANT 1722 Registre BMS de Robelmont, acte n°11 Archives de l’État à Arlon

A la génération 13 de 1650 à 1679, quelques nouveaux venus

viennent s’ajouter les patronymes DARGENT et RODRIN. Les NOISET et GRAVET sont censiers vers ces dates.

La génération 12 de 1680 à 1709, une petite quarantaine de nouveaux venus

Depuis la fin du XVIIe siècle la prospérité des forges de Gaume est amorcée, voilà qui demande de plus en plus de bras solides pour fondre le minerai et extraire le métal. Forgerons, bûcherons, charbonniers sont les métiers indispensable à la forge. Ces patronymes sont cités à partir de 1718 viennent seul ou en famille et font souche.

On ne connaît pas le lieu d’origine mais en cherchant sur geneanet, certains sont communs en Champagne, en Argonne, en Hainaut, en pays Liégeois et sans doute ailleurs. ALLARD, ANDRÉ, CORNET, DAUPHIN, DERHET, DIDIER, DIEUDONNÉ, DOMANGE, FLAMION, FONDER, FRANÇOIS, GAILLARD, GERARD, GERLACHE, HENRION, HENRY, JACQUEMIN, La FONTAINE, LABILLE, LE COMTE, LEPAGE, MAHAN, MAILLET, MINUTY, MONSOFFE, MOUTON, NAHAU, NAVAU, NIVELET, OTELET et sa variante AUTHELET, QUALIN, RONDU SEVERIN THOMAS, THONE, VIGNEUL, WAHA et WATELET avec toutes les variantes que le curé écrivait en fonction de la phonétique.

Leur orthographe varie en fonction de l’humeur du curé par exemple CAREZ = CARÉ = CAREY, BINZE = BINS = BINTZ. DENEVE est aussi DENEEF, Ce n’est qu’en 1877 que l’orthographe a été fixée avec le livret de famille, c’est pour cette raison qu’il faut garder à l’esprit la phonétique du nom et le régionalisme pendant vos recherches.

Les nouveaux venus sont nombreux dans cette petite commune qui en 1615 avait 165 habitants, la vie tourne essentiellement autour de la forge. Beaucoup ont fait des alliances avec les dames du cru, d’autres sont partis. Les patronymes originels firent souche et leur nombreuse descendance est actuellement éparpillée en Belgique, France, Luxembourg, Allemagne, voire Amérique.

La Génération 11 de 1710 à 1739 les familles sont installées le flux se réduit

COLLIN, CORNET, FLAMION, GILLET, GUBEL, GUSTIN, JACQUES, LALLOUETTE, LAURENT, LEHUIRE, LE ROY, MAILLET, MARCHAL, NIVELET, PIGNOLET, WERION

La Génération 10 de 1740 à 1769 : 11 patronymes de plus

BINZE, CRESSON, CHARPENTIER, DROUIN, GRÉGOIRE, LA PRUNE, LEFORT, LORAUX, SAINTIN, THEVENIN, TOUSSAINT

Génération 9 de 1770 à 1799 : 26 nouveaux venus

BRADEFER, BLAISE, BRASSEUR, CAREZ, CLESSE, CHOUSY, COLLET, DEBLOQ, DELPATURE, DENEEF, DELIME, EVRARD, FELTEN, GRUMILY, HOUDRIMONT, HISETTE, LALOY, LIBERT, MARSEAU, MERGAY, MICHELS, PARISSE, RICHARD, ROCHE, WASBACK,  WILLIÈRE.

Génération 8 de 1799 à 1807 : les guerres, en demande de munitions et de bras

des communes environnantes de Rachecourt, Chantemelle, Meix devant Virton et Esch sur Cloie, les BACQUE, BADOUX, BARTHELEMY, BODSON, BON, BOUVI, DUPROT, HANUS, HERMAN, HIMMERL, LAMBERT, LEFORT, LEJEUNE, LHOMMEL, PERTENNE, PRINGOT, parmi ces personnages certains sont forgerons, bocardier, maréchaux-férants, manouvriers, maçon, cloutiers, serrurier, charbonniers et charpentiers aux forges de Berchiwé.

Les gens de fer préparent les boulets et leurs fils partent à la guerre

A cette époque les forges sont en pleine expansion, les guerres Napoléoniennes ont un énorme besoin en munitions. Après la conscription les jeunes hommes des forges furent enrôlés bien que les maîtres de forges aient cherché à leur éviter le départ, afin d’assurer la réponse à la demande en fer de Bonaparte. Berchiwé était alors dépendant de la Manufacture d’Armes de Charleville. Les fils de ceux qui fournissaient les boulets de canons, furent tués par les armes de leurs pères.

De la même manière dont on ignore d’où sont originaires les premiers inscrits de Robelmont à la génération 11, on ne connaît pas non plus les lieux de naissance de certaines familles qui y firent souche. Bien que les naissances et mariages ou décès soient inscrits sur cette liste, les maîtres de forges où régisseurs et maîtres d’école ne sont pas repris car ils provenaient d’ailleurs.

De la génération 13 à la génération 8, Robelmont est passé d’environ 4 patronymes à plus de 111 patronymes. Les générations suivantes n’ont pas été étudiées, mais d’ores et déjà on sait que le déclin des forges a entraîné un nouveau mouvement migratoire vers la source de travail la sidérurgie moderne du bassin Lorrain.

La suite du challenge à la lettre O comme O…

1 comment on “N comme Nouveaux venus

  1. Une analyse très intéressante qui confirme que nos ancêtres étaient beaucoup plus mobiles qu’on ne l’imagine.

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