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F comme fraternité

Ma très chère nièce, je reprends le clavier un petit temps juste histoire d’essayé d’y placer quelques mots. Comme tu peux le voir d’après les statistiques (353 lecteurs pour 4 articles),  j’avais raison de te faire confiance. Je sais, tu me dis : j’écris comme je parle, en fait ne t’inquiète pas, c’est exactement ce que l’on me reprochait ado. Donc crois-moi, même si ce n’est pas académique et même s’il y a des fautes, l’important pour nous est de communiquer aussi bien avec les autres que de donner un sens à cette passion qui nous tient. Nous n’obtiendrons ni l’une, ni l’autre le Goncourt et en réalité nous nous en fichons.  
Si je t’écris ces quelques mots aujourd’hui,  c’est en rapport avec un des commentaires que je cite « votre tante est à vos côtés  et vous pouvez ainsi échanger sans trop de difficultés mais qu’en serait-il d’une personne décédée. » A te l’avouer franchement, j’ai pris 100 ans à lire cette phrase, je sais bien qu’elle n’était pas tournée dans ce sens mais je me suis sentie très vieille confrontée à la réalité d’être tante et donc d’avoir une génération de plus ! Je fréquente des centenaires alors vois-tu la notion de l’âge n’est pas la même que celle de la personne qui a écrit cette phrase. Et puis, aussi ces mots : votre tante est à vos côtés…Ils sont tout à la fois vrais et tout à la fois extrêmement faux. Je suis effectivement à tes côtés pour te soutenir, m’émouvoir, admirer le travail fait, mais je suis également  à 650 kms de distance !  Ce n’est pas tout à fait comme si l’on pouvait dire : viens donc cet après-midi, je te paye un café et nous parlons de la grand-tante qui a émigré aux Etats-Unis.
Bien qu’étant ta tante, je le dis pour les lecteurs, je suis encore dans la vie active pour quelques années et comme j’exerce une profession de santé, j’ai au quotidien du travail par-dessus la tête. Donc, n’achète pas encore la pelle pour m’enterrer,  j’ai re-signé un bail de 50 ans. Tout ce que j’espère c’est de les vivre bien avec un toit sur la tête et de quoi manger.  Et tiens, tu vois cela me fais penser à nos ancêtres qui ne bénéficiaient pas de la retraite et dont on peut voir dans les actes « âge 76 ans , profession cultivateur ! ».
Ce soir a été le premier soir de détente depuis vendredi dernier, voilà donc une semaine. Si je fais le compte des heures de travail, j’en ai fait plus que ma part mais je ne m’en plains pas car je suis heureuse d’avoir du travail.
Ce soir, il y a 32°, le jardin est surchauffé et mon grand bonheur est de m’en occuper, je me suis fait une ceinture en cuir avec une poche à deux étages dans laquelle se trouvent une paire de ciseaux et une autre de cisailles et je me promène dans mon bout de jardin. La chaleur forte alourdi les odeurs de fleurs, atténue l’atmosphère de la terre, mais je sais que demain matin toutes les humeurs vont s’exhaler et si j’arrive à me lever aux aurores,  je pourrais en profiter. Comme tu le sais, je rénove ma vieille longère et comme je suis seule, je tiens de mes ancêtres cette phrase : « ce que femme veut, Dieu veut ». Demain je vais dépicter un mur de son ciment ancien. Je n’espère pas avoir fini en un jour, mais à pas de souris… tout ce fait. C’est juste une question de volonté.

Et tu sais, cette volonté, je ne cesse d’y penser, je suis certaine qu’elle nous a été enseignée par nos ancêtres féminines dès notre petite enfance. Beaucoup d’entre-elles se sont retrouvées veuves jeunes ou moins jeunes et toutes ont relevé le défi de se défendre ! Cette façon de relever la tête devant l’adversité, nous la devons à toutes ces femmes et ces hommes inscrits avec une petite mine de crayon sur un arbre de papier.
Alors, ce soir, lorsque le vent c’est ms à nous rafraîchir, j’ai coupé les roses fanées de la première levée, afin de laisser la place à une remontée. Mon arrière-grand-mère Victoire (la mémère) se trouvait à mes côtés et je l’entendais me dire, coupe-là, laisse celle-là ! J’ai profité de ces instants avec un plaisir extrême car ils me reconnectaient avec la terre qui nous ancre et nous apaise.

Cette année, pour l’anniversaire de ma mère (ta grand-mère) qui a lieu le jour de la fête des mères en Belgique, j’ai eu envie de changer des traditionnels fuchsias qu’elle aimait et que je lui achetait pour fleurir son balcon. Au lieu de lui offrir cela, j’ai acheté un Calistemon, le climat du Poitou me le permet, et l’ai placé dans un grand pot vert anis pour le contraste bordeaux et vert, juste parce que cette façon de faire était la sienne et celle de sa grand-mère. De plus, le calistemon porte aussi un autre nom et  cette histoire de rince bouteilles l’aurait fait rire j’en suis sûre. Imagine des fleurs en forme de goupillon rouge et tout doux !
Je n’ai pas pu lui téléphoner pour lui annoncer la nouvelle, le répondeur disait : votre appel est trop éloigné nous ne pouvons y accéder. En fait, c’est parce qu’ils n’ont rien compris, ma mère, ses parents, grands-parents et tous les autres sont toujours accessibles, mais pour cela, il faut former le bon numéro : celui du cœur.
A faire de la généalogie, nous nous attachons aux anciens, mais aussi et peut être encore plus à la vie. Elle est si précaire, si sujette aux bouleversements, si répétitive et si surprenante à la fois.  Et pourtant c’est la vie, et je trouve qu’il faut en profiter à plein temps.

J’ai un regret, c’est d’être si loin de vous, de ma famille et de ma fille, mais heureusement grâce à internet, je peux vous lire ou vous entendre presque chaque jour. Les photos du quotidien nous permettent d’échanger ces moments que peut être un jour nos arrières-arrières-petits-enfants découvriront avec surprise.  Et donc pour répondre à ce commentaire, je ne suis à tes côtés que grâce à l’effort fait  avec plaisir pour rester en contact. S’il n’y avait pas ce moyen, je ne verrais pas ta petite famille évoluer, nous serions chacune dans notre coin sans le bonheur d’échanger. Cela n’a pas de prix ! Nous avons toutes deux des vies très remplies et une place pour l’autre. 
Une fraternité c’est établie entre nous car même si comme tu le dis si bien nous n’avons pas la même façon de gérer les informations, nous arrivons à les recouper et à faire émerger, ce qui en est la moelle, l’énergie qui fait que nous sommes là et qui contient tout ce que nous pouvons transmettre à nos enfants.  
Merci de participer !
Brigitte

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